Adobe Flash Player, c’est quoi ? Un module installé dans le navigateur, qui faisait fonctionner des animations, des jeux, des vidéos et même des sites entiers. Adobe a cessé de le prendre en charge le 31 décembre 2020, puis bloqué l’exécution des contenus Flash à partir du 12 janvier 2021 ; les navigateurs l’ont retiré à leur tour. Voici ce qu’était Flash, pourquoi il a disparu, ce qui l’a remplacé et ce qu’il faut faire d’un ancien site en Flash.
Adobe Flash Player, c’est quoi en deux minutes ?
Flash est né dans les années 1990. Son ancêtre, FutureSplash Animator, a été racheté par Macromedia en décembre 1996 et vendu sous le nom de Flash ; Adobe a acquis Macromedia en décembre 2005 (historique de Flash). Un créateur dessinait ses animations dans un logiciel, qui produisait un fichier d’extension .swf. Pour le lire, le visiteur devait avoir installé Flash Player, un module du navigateur (on dit aussi plug-in).
Ce module servait à afficher des animations, des jeux, des vidéos, des bannières publicitaires et des sites entiers conçus comme une seule animation. Google rappelle que le lecteur a été installé 500 millions de fois au second semestre 2013 (Google Search Central). Dans un site entièrement en Flash, les textes, les photos et les menus vivaient à l’intérieur de l’animation : sans le module, le navigateur n’avait rien à afficher.
La fin de Flash Player : pourquoi il a disparu
Quatre raisons se sont additionnées.
- Une technologie fermée. En avril 2010, Apple expliquait dans une lettre ouverte pourquoi les iPhone, iPod et iPad n’acceptent pas Flash : produit d’un seul éditeur, il échappait aux standards ouverts que sont HTML5, CSS et JavaScript (lettre « Thoughts on Flash », copie d’archive).
- Un web devenu mobile et tactile. Flash avait été pensé pour l’ordinateur et la souris. Beaucoup de sites reposaient sur des effets au survol du pointeur, impossibles à reproduire au doigt (même lettre).
- La sécurité. Dans sa lettre, Apple rappelait que Symantec avait relevé pour Flash l’un des pires bilans de sécurité de 2009. Depuis le 31 décembre 2020, Adobe ne publie plus ni mises à jour ni correctifs de sécurité, et recommande de désinstaller le lecteur (page de fin de vie d’Adobe).
- Des standards ouverts devenus meilleurs. En 2017, Google jugeait, pour Chrome, HTML plus rapide, plus sûr et moins gourmand en énergie que Flash, et utilisable sur ordinateur comme sur mobile. Trois ans plus tôt, plus de 80 % des utilisateurs quotidiens de Chrome sur ordinateur visitaient un site utilisant Flash ; ils n’étaient plus que 17 % (Chromium Blog). Adobe expliquait elle-même que les standards ouverts HTML5, WebGL et WebAssembly avaient mûri (blog d’Adobe, 25 juillet 2017).
| Date | Ce qui se passe |
|---|---|
| 25 juillet 2017 | Adobe annonce la fin de Flash Player pour la fin de 2020 (Adobe ; Chromium Blog). |
| 2019 | Flash est désactivé par défaut dans Chrome 76, Firefox 69 et Microsoft Edge. Le 28 octobre, Google annonce qu’il ignorera le contenu Flash des pages et n’indexera plus les fichiers SWF autonomes (Google). |
| Septembre 2020 | Safari 14, sur Mac, ne charge plus Flash (Adobe). |
| 31 décembre 2020 | Fin de la prise en charge par Adobe. |
| 12 janvier 2021 | Adobe bloque l’exécution des contenus Flash dans Flash Player. |
| Janvier 2021 | Chrome 88 retire la prise en charge de Flash (feuille de route de Chromium) ; Firefox 85, publié le 26 janvier, ne la propose plus (notes de version). |
Ce qui a remplacé Flash : HTML5, CSS, JavaScript et WebAssembly
Aucune technologie n’a remplacé Flash d’un bloc : chaque usage a été repris par un standard que le navigateur lit sans rien installer.
- Les animations et les effets : CSS et JavaScript (animations CSS). Pour le défilement, voir l’effet parallaxe.
- La vidéo et le son : les balises HTML
<video>et<audio>(balise vidéo). - Les jeux et les programmes lourds : WebAssembly, que Google recommandait déjà en 2017, pour Chrome, aux sites qui employaient Flash pour jouer.
- Les pages et les menus : du HTML ordinaire, avec du texte lisible et une adresse par page.
Dans l’hôtellerie, l’exemple le plus courant est la vidéo d’ambiance qui ouvre l’accueil. Sur Chez MV, à La Ferté-Gaucher, et sur Home Sweet Home, à Paris, une vidéo d’ambiance tourne en boucle et sans son, en fond de la page d’accueil. Le navigateur la lit lui-même, sans module à installer.

Que faire d’un ancien site en Flash ?
Un site resté en Flash ne s’affiche plus correctement dans les navigateurs actuels : à la place des animations, le visiteur voit un espace vide ou un message d’erreur. Le plus sûr est de le reconstruire.
- Constater l’état du site. Ouvrez-le sur ordinateur, puis sur téléphone. Un espace vide, un message de lecteur manquant ou un menu qui ne répond pas indiquent une dépendance à Flash.
- Récupérer le contenu. Textes, photos, vidéos, logo, plan d’accès, mentions légales : demandez-les à l’ancien prestataire ou sortez-les du serveur avant toute coupure.
- Reconstruire en HTML. Reprenez ce contenu dans un site lisible sur tous les écrans, par exemple un site vitrine, dont nos réalisations donnent une idée. Chaque page reçoit sa propre adresse, ses titres et son texte.
- Rediriger les anciennes adresses. Une redirection permanente (code 301) renvoie chaque ancienne adresse vers la page équivalente du nouveau site ; Google la prend comme signal que la nouvelle adresse est celle à retenir (documentation de Google). Si le nom de domaine change aussi, suivez la procédure de déplacement de site.
- Garder une trace de l’ancien site. Conservez les fichiers d’origine et des captures d’écran. Pour revoir une animation, Ruffle, un émulateur libre écrit en Rust et compilé en WebAssembly, lit les fichiers
.swfdans un navigateur ou sur ordinateur. L’Internet Archive l’emploie depuis novembre 2020 pour rejouer des animations et des jeux Flash de sa collection de logiciels, en précisant que la compatibilité est inférieure à 100 % (annonce).
Ce que l’histoire de Flash enseigne à un hôtel
Un site d’hôtel doit durer plus longtemps qu’une mode technique. Trois règles découlent de la fin de Flash.
- Rester lisible par Google. Google a annoncé en 2019 qu’il ne prendrait plus Flash en charge. Un site d’hôtel doit rester une suite de vraies pages : du texte HTML, des titres et une adresse par chambre ou par offre. Voir le référencement naturel pour l’hôtellerie.
- Fonctionner sur mobile. Apple refusait Flash sur l’iPhone et l’iPad, et ce module avait été pensé pour la souris, pas pour le doigt. Aujourd’hui, Google se sert de la version mobile des pages pour les indexer et les classer (indexation mobile d’abord). Voir comment tester son site sur tablette et téléphone.
- Ne pas dépendre d’un module que l’éditeur peut arrêter. Adobe l’a fait pour Flash, Microsoft pour Silverlight, et le projet Java a fini par supprimer l’API des applets. Quand l’éditeur s’arrête, le site s’arrête avec lui. Les standards du navigateur (HTML, CSS, JavaScript) n’appartiennent à aucun éditeur seul. Pour la conception d’ensemble, voir les bonnes mesures pour concevoir un site d’hôtel.
D’autres technologies web abandonnées
Flash n’est pas le seul cas. Les trois autres exemples du tableau ont suivi le même chemin : un éditeur, un module ou un navigateur précis, puis la fin de la prise en charge.
| Technologie | Ce que c’était | Fin de prise en charge |
|---|---|---|
| Adobe Flash Player | Module du navigateur pour les animations, les jeux et les vidéos. | 31 décembre 2020 ; contenus bloqués le 12 janvier 2021. |
| Applets Java | Petits programmes Java exécutés dans une page web. | Les navigateurs ne les prennent plus en charge ; l’API des applets, déclarée obsolète dans Java 9 (2017), est supprimée dans Java 26 (JEP 504). |
| Silverlight | Environnement de développement de Microsoft, qui n’était plus pris en charge que dans Internet Explorer. | 12 octobre 2021 (Microsoft). |
| Internet Explorer 11 | Navigateur de Microsoft, remplacé par Edge, qui garde un « mode Internet Explorer » pour les anciens sites. | 15 juin 2022 sur certaines versions de Windows 10 (Microsoft). |
Le point commun : chaque technologie dépendait d’un acteur unique. C’est le critère à vérifier avant de commander un site : de quoi dépend-il, et qui peut l’arrêter ?
Sources
- Adobe, Adobe Flash Player End-of-Life.
- Wikipédia, Adobe Flash (historique du logiciel).
- Google Search Central, « Goodbye, Flash » (28 octobre 2019).
- Adobe, « Flash & the Future of Interactive Content » (25 juillet 2017).
- Chromium Blog, « So long, and thanks for all the Flash » (25 juillet 2017) ; Flash Roadmap.
- Google Search Central, documentation sur les redirections permanentes, le déplacement de site et l’indexation mobile d’abord.
- Mozilla, notes de version de Firefox 85.
- Apple, « Thoughts on Flash » (avril 2010, copie d’archive).
- Internet Archive, « Flash Animations Live Forever at the Internet Archive » (19 novembre 2020) ; Ruffle.
- Microsoft, fin de Silverlight et d’Internet Explorer 11 ; OpenJDK, JEP 504 : suppression de l’interface des applets.
Questions fréquentes sur Flash Player et les anciens sites Flash
Adobe Flash Player, c’est quoi ?
Adobe Flash Player était un module du navigateur qui lisait les fichiers Flash (.swf) : animations, jeux, vidéos et sites entiers. Né dans les années 1990 et vendu par Macromedia dès 1996, il appartient à Adobe depuis le rachat de Macromedia en 2005. Il n’est plus pris en charge depuis le 31 décembre 2020.
Flash Player existe-t-il encore ?
Non. Adobe a cessé de le prendre en charge le 31 décembre 2020 et bloqué l’exécution des contenus Flash à partir du 12 janvier 2021. Chrome, Firefox et Safari ne le lisent plus, et Adobe recommande de le désinstaller (page de fin de vie d’Adobe).
Que faire du message « Adobe Flash Player n’est plus compatible » ?
Ce message, dont le texte varie selon le navigateur, signale qu’une page veut afficher du contenu Flash que le navigateur ne lit plus. N’installez rien : Adobe a retiré ses pages de téléchargement et met en garde contre les versions non officielles, source fréquente de logiciels malveillants. Si le message s’affiche sur votre propre site, c’est que le site dépend de Flash : il faut le reconstruire en HTML et rediriger les anciennes adresses.
Un site en Flash peut-il être référencé sur Google ?
Pas pour son contenu. Google a annoncé en octobre 2019 qu’il ignorerait le contenu Flash des pages et n’indexerait plus les fichiers SWF autonomes. Un site entièrement en Flash n’offre donc aucun texte à lire à Google ; un site en HTML, avec une page par sujet, reste la base du référencement naturel.
Peut-on encore ouvrir un fichier .swf ?
Oui, avec un émulateur comme Ruffle, disponible en application pour ordinateur et en extension de navigateur. La compatibilité n’est pas totale : testez le fichier avant de compter dessus. N’installez pas d’ancienne version de Flash Player trouvée sur un site tiers.
Par quoi remplacer une animation Flash sur un site d’hôtel ?
Par la technologie qui correspond à l’usage : une vidéo en boucle (balise <video>) pour l’ambiance de l’accueil, des animations CSS pour les effets, du JavaScript pour l’interactivité. Les accueils de Chez MV et de Home Sweet Home ouvrent ainsi sur une vidéo d’ambiance.



